Law student Dannie Keza’s internship experience in a legal clinic
We are pleased to showcase a blog post by Dannie Keza, a third-year student in the French Common Law Program, written in connection with her Summer 2025 internship at the Newcomer Legal Clinic as part of the CML3571 course (Student-Proposed Internship). Guided by a strong commitment to social justice, she has a particular interest in immigration and refugee law as well as employment law.

Avant-propos
Au cours de l’été 2025, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage à la Newcomer Legal Clinic, une clinique juridique située à la Faculté de droit Bora Laskin de l’Université Lakehead, à Thunder Bay (Ontario), Cette clinique est née d'un partenariat entre la Faculté de droit et la Thunder Bay Multicultural Association, et est également un organisme partenaire de la Chaire de recherche universitaire sur la protection des personnes migrantes et le droit international de l'Université d'Ottawa. Elle offre une panoplie de services juridiques gratuits aux nouveaux arrivants faisant face à des enjeux liés à l’immigration, au statut de réfugié et à la citoyenneté. Sous la direction de l’avocate en chef, Jennifer Dagsvik, la clinique constitue à la fois un lieu d’apprentissage exceptionnel pour les étudiants et une ressource indispensable pour la communauté.
En tant que personne migrante ayant moi-même un intérêt marqué pour la justice sociale, ce stage a été particulièrement significatif pour moi. Ayant vécu dans l’une des communautés du Nord de l’Ontario, je comprenais déjà à quel point l’accès aux services juridiques peut être déterminant pour la population immigrante, particulièrement dans les régions isolées où les ressources sont limitées. Je souhaitais ainsi vivre une expérience ancrée dans la réalité de la clientèle visée. Cette expérience m’a permis d’acquérir et d’affiner mes compétences en droit dans un environnement communautaire et dynamique.
Mon expérience
Dès le début de mon stage, j’ai été assignée à une variété de tâches. L’une de mes premières responsabilités a été de traduire en français des documents destinés aux personnes migrantes francophones de la région, tels que des guides pour les demandes de permis de travail ouverts ou les demandes d’asile. Cette tâche m’a fait comprendre l’importance de rendre ces informations accessibles à tous, particulièrement dans des régions majoritairement anglophones.
En étroite collaboration avec la coordonnatrice des activités de sensibilisation et des programmes, J. Bianca Espinoza, j’ai ensuite eu l’occasion de travailler directement sur certains dossiers de clients, en particulier ceux liés aux travailleurs migrants vulnérables. Mes tâches consistaient à effectuer de la recherche juridique, participer à des rencontres avec les clients et assurer le suivi des dossiers assignés. Au cours de ces entretiens, mon rôle consistait à poser des questions précises et à recueillir toute information pertinente afin d’aider l’avocate à mieux cerner la situation du client. Avec le temps et toujours sous supervision, j’ai eu l’occasion de diriger certaines entrevues, ce qui m’a permis de gagner en confiance. Ces taches ont été l’un des aspects les plus formateurs de mon stage.
Vers la fin de l’été, j’ai également participé à la préparation d’une séance d’information publique portant sur le Programme pilote d’immigration dans les communautés rurales (RCIP) ainsi que sur le programme « Regional Economic Development through Immigration Pilot » (REDI). Cette expérience m’a permis de comprendre l’importance de la sensibilisation communautaire. Expliquer le droit à un public non juridique est un exercice exigeant, mais extrêmement enrichissant. Cette activité m’a rappelé que le rôle d’un juriste ne se limite pas à la représentation, mais inclut aussi l’éducation et la prévention.
Mes observations
Un élément qui m’a particulièrement marquée tout au long du stage est le niveau élevé de la demande pour des services juridiques gratuits. De nombreux migrants comptaient sur la clinique comme principal point de contact pour obtenir de l’information et du soutien. Cette réalité m’a permis de comprendre que le système d’immigration est un processus difficile à naviguer sans certaines connaissances juridiques. De ce fait, elle m’a permis de mieux comprendre le rôle essentiel que jouent les cliniques juridiques, non seulement pour la formation des futurs juristes, mais également pour le maintien de l’accès à la justice pour des communautés souvent mal desservies.
Ce stage m’a forcée à améliorer ma gestion du temps et à apprendre à fixer des objectifs réalistes. Au début, il était difficile de jongler entre le stage, mon emploi à temps partiel et mes engagements personnels. Cependant, au fil du temps, j’ai appris à prioriser mes taches et à maintenir un emploi du temps organisé. De même, j’ai appris l’importance de reconnaître ses propres limites, surtout dans un domaine où les enjeux humains peuvent être significatives et émotionnellement exigeants.
Ce stage m’a également aidée à mieux comprendre les particularités de l’interaction avec les clients dans un contexte juridique. Le travail juridique exige une attention particulière aux limites professionnelles et éthiques. En tant qu’étudiante en droit, je devais m’assurer de ne pas fournir des conseils juridiques tout en répondant aux questions et en gérant les attentes des clients. J’ai appris que mon rôle consistait principalement à écouter le client avec empathie et à faciliter le travail de l’avocate en recueillant de l’information pertinente.
La recherche et la rédaction juridiques ont également occupé une place importante dans mon apprentissage. J’ai appris à naviguer efficacement dans les bases de données juridiques, à structurer les résultats de mes recherches et à synthétiser des informations parfois complexes en notes claires et concises. Ces compétences, bien qu’exigeantes, sont rapidement devenues plus naturelles au cours du stage et constituent, à mon avis, un atout majeur pour toute future carrière juridique.
Conclusion
Dans l’ensemble, mon expérience à la Newcomer Legal Clinic a été extrêmement positive. Les superviseures étaient accessibles, à l’écoute et profondément engagées dans la formation des étudiants. Elles prenaient le temps de répondre aux questions, d’expliquer les enjeux juridiques et de créer un environnement d’apprentissage stimulant. Bien que le stage se soit déroulé à distance, j’aurais souhaité pouvoir vivre cette expérience en personne afin de bénéficier d’interactions plus enrichissantes avec l’équipe et les clients.
Ce stage a joué un rôle déterminant dans l’orientation de mon parcours professionnel. Il a confirmé mon intérêt pour une carrière axée sur la justice sociale, que ce soit en droit de l’immigration, en droit de l’emploi ou en droit du logement. À toute étudiante ou tout étudiant qui hésite à postuler à une clinique juridique, je dirais que ce type d’expérience est incomparable. Au-delà du développement de compétences juridiques concrètes, on y apprend l’importance de l’écoute, de l’empathie et de l’engagement communautaire. Malgré la charge de travail parfois exigeante, il est profondément gratifiant de constater que notre contribution peut avoir un impact réel sur la vie des personnes que nous aidons.
